Interviews

Saly
Saly
le 23 avril 2006 TiTFaM - 1985 lectures
SALY est une jeune rappeuse qui a sorti son premier single « Je rêve ». J’appréhendais beaucoup au départ parce qu’elle fait du Hip Hop et j’y connais pas grand chose mais j’ai rencontré une fille super, qui sait où elle va et qui a toujours le sourire aux lèvres. Autour d’un verre « non alcoolisé », accompagnée de Malika son attachée de presse, nous nous sommes rencontrées et je vous invite à faire plus ample connaissance avec SALY.

Bonjour Saly, peux-tu te présenter en quelques mots..
Alors je me présente, mon prénom est SALY et je précise S.A.L.Y, je suis une jeune fille d’origine sénégalaise et malienne qui a grandit à Meaux. J’ai commencé la musique à l’âge de 12 ans, j’ai fait ma première scène à l’âge de 13 ans et à l’époque la musique c’était un sport, comme dirait un jeune aujourd’hui. C’était une passion mais je privilégiais mes études donc je n’ai pas cherché à percer tout de suite. Mon premier déclic c’est qu’après mon BTS, je suis partie aux Etats-Unis et en revenant je me suis dis qu’il y avait que ça, que je ne me voyais pas faire autre chose que de la musique. Par la suite, j’ai rencontré pas mal de compositeurs, de producteurs et grâce aux connaissances j’ai rencontré mon label « Djabaka ». Je travaille avec mon label depuis 2005 notamment pour l’album qui ne devrait pas tarder, les premières parties, les festivals. Donc j’espère vous voir très vite pour que vous veniez apprécier mon show (rires)

Qui sont tes modèles ?
Y’a énormément d’artistes américains qui m’ont influencée. Tout d’abord, il y a eu Kanye West. Et il y a aussi Lauryn Hill et Mary J Blige dont je suis fan ! Je cite ces deux derniers artistes en particulier parce qu’elles rappent aussi bien qu’elles chantent et c’est quelque chose que j’aimerai développer. Sinon en France, il y a un artiste que j’apprécie c’est Kery James et j’étais ravie de faire sa première partie parce que je pense que je me rapproche pas mal de son univers.

Ok, et pourquoi as-tu décidé de te tourner vers le hip hop ?
Ba en faite, j’ai commencé à l’âge de 12 ans et je dirai que le hip hop est venu à moi. Comme je disais, je viens de Meaux, dans une cité, et le hip hop était une nouvelle tendance. Et pour moi c’était un moyen de m’exprimer. Je suis quelqu’un qui ne parle pas énormément, les gens se confient à moi et j’avais besoin d’extérioriser tout ça….c’est vrai qu’avec le hip hop c’est comme une liberté, une nécessité pour extérioriser tout le mal que j’avais en moi. Avant en faite, j’étais un peu un garçon manqué, j’aimais bien défier les mecs et j’ai évolué dans ce milieu là. Je ne me voyais pas faire autre chose, c’était une évidence !

Quelle est ta définition du Hip Hop ?
Je dis souvent que le Hip Hop c’est avant tout un art, un état d’esprit et la culture tout simplement.

Aujourd’hui, dans le rap il y a peu de filles…comment essaies-tu de trouver ta place ?
C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de filles, mais y’en a beaucoup plus qu’on ne le pense. On a chacune notre style et je pense que j’ai une autre manière d’aborder le rap dans le sens où j’essaie d’apporter ma sensibilité et les gens me disent que j’amène aussi une certaine douceur dans mon flow. Souvent, on a tendance à dire que les rappeuses sont très agressives mais c’est vrai que même si j’ai des textes qui peuvent être très durs, je suis de nature à faire passer les choses en douceur.


Et le fait de t’entourer que de filles (DJ, choriste…) c’est pas un peu une façon de montrer que les filles sont bien présentes ?
Non non à la base on s’est pas dit qu’on allait être féministe, c’était vraiment pas parti de là. Maintenant, pendant un spectacle j’ai trouvé l’idée intéressante de travailler avec une dj et il s’est avéré que ça s’est super bien passé parce qu’elle assure et ça rendait bien sur scène. J’ai bien aimé le concept donc si j’ai plusieurs scènes à faire, j’espère les faire avec elle. Au niveau des choristes, c’est vrai que mes refrains sont généralement chantés par des filles parce que je vois plutôt une voix féminine poser dessus. Mais y’a aussi d’autres titres où il y aura des voix masculines, ça je te l’assure.

Actuellement ton premier single commence à tourner en radio aux Antilles et ton clip passe sur le câble…t’étais excitée ? Emue ?
(rires) C’est vrai que quand je me suis vue la première fois j’étais émue. Tu sais j’ai eu pas mal de galères, j’ai énormément travaillé ! Et quand on se voit pour la première fois, on se dit qu’on a pas travaillé pour rien, que les choses commencent à arriver mais tout en gardant la tête froide et en gardant en tête qu’il y a encore énormément de choses à faire. Ca m’encourage vraiment à continuer à travailler !

Et ta toute première scène tu t’en rappelles ? Racontes nous…
Ha oui ma toute première scène ? Bien sûr que je m’en rappelle (rires). En faite, c’était pour la ville de Meaux, un tremplin « Jeunes talents » et le gagnant allait faire la première partie d’un artiste qui était très en vogue « Daddy Yod » tu sais avec son titre « Faut pas taper la doudou ».


Euh…je vois pas trop qui c’est ? (rires)
C’était dans les années 90 ! Tous les jeunes chantaient « Faut pas taper la doudou…. » (et elle me chante le refrain). Et dont pour en revenir à ma première scène, j’étais avec 4 garçons et le groupe s’appelait « Eclipse » et on avait répété pendant au moins 3 semaines. On avait eu une salle qui nous avait été prêtée par la mairie et le jour de la scène, on avait un dj avec nous mais pas de chance, tout le matériel ne pouvait pas marcher correctement ! Alors, pendant que les autres artistes chantaient, nous, on courait de gauche à droite pour trouver les fils et trouver tout ce qu’il fallait pour pouvoir brancher les platines parce qu’on voulait absolument faire cette scène ! On voulait pas se décourager. Heureusement pour nous, on passait vers 18h-19h... J’avais 13 ans, j’étais toute petite et les gens ont kiffé. On a mis l’ambiance parce qu’on avait tellement eu la rage toute la journée donc ça s’est ressenti. Et on a gagné le concours ! Ce qui était génial, c’est que quelques jours après, en sortant d’un centre commercial près de chez moi, j’entendais des petits qui chantaient le refrain d’une des chansons qu’on avait interprété sur scène. C’était une super expérience !

Tu as fais des premières parties d’artistes confirmés (Kery James, Wallen, le Noyau dur…), comment as réagis le public ? T’as eu de bons retours ?
Sincèrement, j’ai eu la chance d’avoir de très bonnes réactions du public. Lors de la première partie de Wallen, quand les gens entendaient mes titres, ils reprenaient le refrain donc c’était super ! Pour la première partie de Kery James, j’avais chanté un texte qui s’appelle « Maman » où je parle dans ma langue et je pense qu’il devait y avoir plein de gens de chez moi dans le public qui ont compris alors ils ont applaudi, crié. Et c’est vrai qu’à la sortie de chaque scène, y’a des gens qui viennent me voir, qui me félicitent et qui me disent que tel ou tel passage leur correspond. Et ça m’encourage vraiment parce que la scène c’est ce que je kiffe le plus et c’est par là que j’ai commencé.

D’après toi, quelles sont les qualités qu’il faut avoir pour débuter dans la musique ?
Je pense que c’est la volonté, la détermination. On entend souvent qu’il y a énormément d’artistes qui ont du talent. Aujourd’hui, quand on voit les émissions de télé-réalité, on voit tellement d’artistes, tellement de chanteurs avec de belles voix et je pense qu’il faut être déterminé et pas se laisser abattre. Y’a souvent des portes qui se ferment mais faut pas lâcher l’affaire, faut continuer et à un moment donné les choses vont se faire. Et je pense que c’est ce qui fait la différence entre un artiste qui réussi et celui qui ne réussi pas. Ce sera pas forcément le meilleur… jsuis pas forcément la « meilleure rappeuse » mais jpense que si demain jsuis numéro un c’est parce que j’aurai vraiment lutté.

Ton single « Je rêve » est disponible uniquement en téléchargement sur internet, pourquoi ne pas avoir choisi de le distribuer en format CD ?
En fait, c’était un choix du label pour me faire connaître du public. C’est vrai qu’aujourd’hui y’a beaucoup d’artistes qui arrivent à se vendre, à se faire connaître par internet. On voulait voir les premières réactions, faire découvrir mon univers, voir si ça plait pour mieux développer l’album ou mieux le ré-écrire et également s’accompagner du major.

Donc le téléchargement ça te dérange pas ?
Non, je suis pour mais je ne dirai pas que je suis entièrement pour le téléchargement gratuit. Quand on nous donne les moyens de télécharger légalement un titre sur le net, c’est plus accessible. Je suis d’origine sénégalaise et malienne et mon titre sort aux Antilles, au Sénégal, dans d’autres pays d’Afrique et ça me permet d’aller au delà des frontières…de rendre ma musique universelle. Et avec le téléchargement et internet, on peut arriver plus facilement à développer tout ça.

Tu prépares actuellement ton album, tu peux nous en dire un peu plus ?
Ce sont souvent des thèmes qui me tiennent à cœur, y’a des thèmes très sensibles… Par exemple, y’a un titre qui s’appelle « Prends le temps » ou je dis qu’il faut arrêter de se prendre la tête, aller à l’essentiel et profiter de la vie parce qu’on sait jamais ce qui peut arriver. Y’a également un titre que je dédie à ma mère, un titre où je parle de moi quand j’étais petite et un titre qui s’appelle « Je refuse de représenter » dans lequel je dis « Je refuse de représenter, si c’est pour alimenter les clichés que l’on balance sur la cité, j’ai jamais vu un jeune de mon quartier prendre sa vie en main parce qu’il voulait représenter. J’ai jamais vu un jeune de mon quartier passer son bac parce qu’il voulait représenter mais j’en ai vu tellement se faire tuer dans des bagarres dont l’enjeu était l’honneur de la cité ». Tout simplement, j’explique que les jeunes ne doivent pas prendre pour modèle ceux qui sont en avant et ceux qui ont soit disant réussi. Souvent ils pensent que ceux qui ont réussi sont ceux qui ont des belles bagnoles et ceux qui font de la prison mais non le modèle il est pas là…c’est ceux qui luttent pour avoir un bon boulot, pour acheter une belle maison plus tard et qui veulent s’en sortir dans la vie. C’est assez éclectique, y’a des titres assez marrants, un titre zouk qui est une petite dédicasse à mon chéri et qui parle de notre histoire d’amour… Voilà en gros

Tu vas aussi bosser avec Jango Jack….comment s’est passée la rencontre ?
C’est un artiste auquel on a pensé parce que je pense qu’il connaît bien ce milieu et qu’il peut mieux développer mes capacités. Je l’apprécie mais c’est vrai que mon producteur le connaissait donc on a eu la possibilité de faire cette connexion. Y’a un autre réalisateur qui est le frère d’Assia et que je connaissais déjà avant…et avec qui j’avais déjà travaillé pas mal de titres. Je bosse aussi avec un autre jeune réalisateur qui a beaucoup de talent et qui a réalisé le titre « Je rêve ».

(Son attachée de presse rajoute également qu’il y aura peut être un featuring avec un autre artiste qui chante et qu’on entend pas mal en radio ces temps-ci…)

D’où t’es venue cette idée d’allier tous ces genres musicaux ?
Je suis assez ouverte et dans ma musique j’expérimente un peu tout ce que j’entends, tout ce qui est passé dans mes oreilles depuis que je suis petite. Ce qu’on entend dans « Je rêve », ce sont des influences qui viennent de mes parents. Y’a aussi du zouk parce que quand je vais en boîte aujourd’hui, on entend du zouk et donc ça m’a influencé. C’est pas parce que je suis dans le hip hop qu’il faut que je m’arrête tout simplement au hip hop…la musique c’est le partage, l’échange et faut s’ouvrir. Je fais ça tout en gardant l’authenticité de mon rap.

Ok, bon c’est l’heure du portrait chinois !
Si tu étais un pays ?

Ha mais j’en ai deux, c’est vraiment dur ce que tu me demandes..bon je choisis le Sénégal et je m’excuse pour le Mali (rires)

Si tu étais un plat ?
Le tcheb djeun

Si tu étais un album ?
Mc Solaar – Prose Combat

Si tu étais un film ?
Saw (l’attachée de presse et moi « Hooo », on est choqué !)

Un dernier mot pour la fin Saly ?
J’invite tout le monde à aller sur mon site www.salymusic.com et à laisser leurs impressions en me disant les choses honnêtement. On va remettre des news sur le site aussi pour vous dire ce que je fais… Un petit bisou à tout le monde, et merci à toi Vanessa.

© TiTFaM
Ajouter aux favoris Envoyer ce site Facebook Myspace