Saly le 23 avril 2006 TiTFaM - 1984 lectures SALY est une jeune rappeuse qui a sorti son premier single « Je rêve
». J’appréhendais beaucoup au départ parce qu’elle fait du Hip Hop et
j’y connais pas grand chose mais j’ai rencontré une fille super, qui
sait où elle va et qui a toujours le sourire aux lèvres. Autour d’un
verre « non alcoolisé », accompagnée de Malika son attachée de presse,
nous nous sommes rencontrées et je vous invite à faire plus ample
connaissance avec SALY.
Bonjour Saly, peux-tu te présenter en quelques mots..
Alors je me présente, mon prénom est SALY et je précise S.A.L.Y, je
suis une jeune fille d’origine sénégalaise et malienne qui a grandit à
Meaux. J’ai commencé la musique à l’âge de 12 ans, j’ai fait ma
première scène à l’âge de 13 ans et à l’époque la musique c’était un
sport, comme dirait un jeune aujourd’hui. C’était une passion mais je
privilégiais mes études donc je n’ai pas cherché à percer tout de
suite. Mon premier déclic c’est qu’après mon BTS, je suis partie aux
Etats-Unis et en revenant je me suis dis qu’il y avait que ça, que je
ne me voyais pas faire autre chose que de la musique. Par la suite,
j’ai rencontré pas mal de compositeurs, de producteurs et grâce aux
connaissances j’ai rencontré mon label « Djabaka ». Je travaille avec
mon label depuis 2005 notamment pour l’album qui ne devrait pas tarder,
les premières parties, les festivals. Donc j’espère vous voir très vite
pour que vous veniez apprécier mon show (rires)
Qui sont tes modèles ?
Y’a énormément d’artistes américains qui m’ont influencée. Tout
d’abord, il y a eu Kanye West. Et il y a aussi Lauryn Hill et Mary J
Blige dont je suis fan ! Je cite ces deux derniers artistes en
particulier parce qu’elles rappent aussi bien qu’elles chantent et
c’est quelque chose que j’aimerai développer. Sinon en France, il y a
un artiste que j’apprécie c’est Kery James et j’étais ravie de faire sa
première partie parce que je pense que je me rapproche pas mal de son
univers.
Ok, et pourquoi as-tu décidé de te tourner vers le hip hop ?
Ba en faite, j’ai commencé à l’âge de 12 ans et je dirai que le hip hop
est venu à moi. Comme je disais, je viens de Meaux, dans une cité, et
le hip hop était une nouvelle tendance. Et pour moi c’était un moyen de
m’exprimer. Je suis quelqu’un qui ne parle pas énormément, les gens se
confient à moi et j’avais besoin d’extérioriser tout ça….c’est vrai
qu’avec le hip hop c’est comme une liberté, une nécessité pour
extérioriser tout le mal que j’avais en moi. Avant en faite, j’étais un
peu un garçon manqué, j’aimais bien défier les mecs et j’ai évolué dans
ce milieu là. Je ne me voyais pas faire autre chose, c’était une
évidence !
Quelle est ta définition du Hip Hop ?
Je dis souvent que le Hip Hop c’est avant tout un art, un état d’esprit et la culture tout simplement.
Aujourd’hui, dans le rap il y a peu de filles…comment essaies-tu de trouver ta place ?
C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de filles, mais y’en a beaucoup
plus qu’on ne le pense. On a chacune notre style et je pense que j’ai
une autre manière d’aborder le rap dans le sens où j’essaie d’apporter
ma sensibilité et les gens me disent que j’amène aussi une certaine
douceur dans mon flow. Souvent, on a tendance à dire que les rappeuses
sont très agressives mais c’est vrai que même si j’ai des textes qui
peuvent être très durs, je suis de nature à faire passer les choses en
douceur.
Et le fait de t’entourer que de filles (DJ, choriste…) c’est pas un
peu une façon de montrer que les filles sont bien présentes ?
Non non à la base on s’est pas dit qu’on allait être féministe, c’était
vraiment pas parti de là. Maintenant, pendant un spectacle j’ai trouvé
l’idée intéressante de travailler avec une dj et il s’est avéré que ça
s’est super bien passé parce qu’elle assure et ça rendait bien sur
scène. J’ai bien aimé le concept donc si j’ai plusieurs scènes à faire,
j’espère les faire avec elle. Au niveau des choristes, c’est vrai que
mes refrains sont généralement chantés par des filles parce que je vois
plutôt une voix féminine poser dessus. Mais y’a aussi d’autres titres
où il y aura des voix masculines, ça je te l’assure.
Actuellement ton premier single commence à tourner en radio aux Antilles et ton clip passe sur le câble…t’étais excitée ? Emue ?
(rires) C’est vrai que quand je me suis vue la première fois j’étais
émue. Tu sais j’ai eu pas mal de galères, j’ai énormément travaillé !
Et quand on se voit pour la première fois, on se dit qu’on a pas
travaillé pour rien, que les choses commencent à arriver mais tout en
gardant la tête froide et en gardant en tête qu’il y a encore
énormément de choses à faire. Ca m’encourage vraiment à continuer à
travailler !
Et ta toute première scène tu t’en rappelles ? Racontes nous…
Ha oui ma toute première scène ? Bien sûr que je m’en rappelle (rires).
En faite, c’était pour la ville de Meaux, un tremplin « Jeunes talents
» et le gagnant allait faire la première partie d’un artiste qui était
très en vogue « Daddy Yod » tu sais avec son titre « Faut pas taper la
doudou ».
Euh…je vois pas trop qui c’est ? (rires)
C’était dans les années 90 ! Tous les jeunes chantaient « Faut pas
taper la doudou…. » (et elle me chante le refrain). Et dont pour en
revenir à ma première scène, j’étais avec 4 garçons et le groupe
s’appelait « Eclipse » et on avait répété pendant au moins 3 semaines.
On avait eu une salle qui nous avait été prêtée par la mairie et le
jour de la scène, on avait un dj avec nous mais pas de chance, tout le
matériel ne pouvait pas marcher correctement ! Alors, pendant que les
autres artistes chantaient, nous, on courait de gauche à droite pour
trouver les fils et trouver tout ce qu’il fallait pour pouvoir brancher
les platines parce qu’on voulait absolument faire cette scène ! On
voulait pas se décourager. Heureusement pour nous, on passait vers
18h-19h... J’avais 13 ans, j’étais toute petite et les gens ont kiffé.
On a mis l’ambiance parce qu’on avait tellement eu la rage toute la
journée donc ça s’est ressenti. Et on a gagné le concours ! Ce qui
était génial, c’est que quelques jours après, en sortant d’un centre
commercial près de chez moi, j’entendais des petits qui chantaient le
refrain d’une des chansons qu’on avait interprété sur scène. C’était
une super expérience !
Tu as fais des premières parties d’artistes confirmés (Kery James,
Wallen, le Noyau dur…), comment as réagis le public ? T’as eu de bons
retours ?
Sincèrement, j’ai eu la chance d’avoir de très bonnes réactions du
public. Lors de la première partie de Wallen, quand les gens
entendaient mes titres, ils reprenaient le refrain donc c’était super !
Pour la première partie de Kery James, j’avais chanté un texte qui
s’appelle « Maman » où je parle dans ma langue et je pense qu’il devait
y avoir plein de gens de chez moi dans le public qui ont compris alors
ils ont applaudi, crié. Et c’est vrai qu’à la sortie de chaque scène,
y’a des gens qui viennent me voir, qui me félicitent et qui me disent
que tel ou tel passage leur correspond. Et ça m’encourage vraiment
parce que la scène c’est ce que je kiffe le plus et c’est par là que
j’ai commencé.
D’après toi, quelles sont les qualités qu’il faut avoir pour débuter dans la musique ?
Je pense que c’est la volonté, la détermination. On entend souvent
qu’il y a énormément d’artistes qui ont du talent. Aujourd’hui, quand
on voit les émissions de télé-réalité, on voit tellement d’artistes,
tellement de chanteurs avec de belles voix et je pense qu’il faut être
déterminé et pas se laisser abattre. Y’a souvent des portes qui se
ferment mais faut pas lâcher l’affaire, faut continuer et à un moment
donné les choses vont se faire. Et je pense que c’est ce qui fait la
différence entre un artiste qui réussi et celui qui ne réussi pas. Ce
sera pas forcément le meilleur… jsuis pas forcément la « meilleure
rappeuse » mais jpense que si demain jsuis numéro un c’est parce que
j’aurai vraiment lutté.
Ton single « Je rêve » est disponible uniquement en téléchargement
sur internet, pourquoi ne pas avoir choisi de le distribuer en format
CD ?
En fait, c’était un choix du label pour me faire connaître du public.
C’est vrai qu’aujourd’hui y’a beaucoup d’artistes qui arrivent à se
vendre, à se faire connaître par internet. On voulait voir les
premières réactions, faire découvrir mon univers, voir si ça plait pour
mieux développer l’album ou mieux le ré-écrire et également
s’accompagner du major.
Donc le téléchargement ça te dérange pas ?
Non, je suis pour mais je ne dirai pas que je suis entièrement pour le
téléchargement gratuit. Quand on nous donne les moyens de télécharger
légalement un titre sur le net, c’est plus accessible. Je suis
d’origine sénégalaise et malienne et mon titre sort aux Antilles, au
Sénégal, dans d’autres pays d’Afrique et ça me permet d’aller au delà
des frontières…de rendre ma musique universelle. Et avec le
téléchargement et internet, on peut arriver plus facilement à
développer tout ça.
Tu prépares actuellement ton album, tu peux nous en dire un peu plus ?
Ce sont souvent des thèmes qui me tiennent à cœur, y’a des thèmes très
sensibles… Par exemple, y’a un titre qui s’appelle « Prends le temps »
ou je dis qu’il faut arrêter de se prendre la tête, aller à l’essentiel
et profiter de la vie parce qu’on sait jamais ce qui peut arriver. Y’a
également un titre que je dédie à ma mère, un titre où je parle de moi
quand j’étais petite et un titre qui s’appelle « Je refuse de
représenter » dans lequel je dis « Je refuse de représenter, si c’est
pour alimenter les clichés que l’on balance sur la cité, j’ai jamais vu
un jeune de mon quartier prendre sa vie en main parce qu’il voulait
représenter. J’ai jamais vu un jeune de mon quartier passer son bac
parce qu’il voulait représenter mais j’en ai vu tellement se faire tuer
dans des bagarres dont l’enjeu était l’honneur de la cité ». Tout
simplement, j’explique que les jeunes ne doivent pas prendre pour
modèle ceux qui sont en avant et ceux qui ont soit disant réussi.
Souvent ils pensent que ceux qui ont réussi sont ceux qui ont des
belles bagnoles et ceux qui font de la prison mais non le modèle il est
pas là…c’est ceux qui luttent pour avoir un bon boulot, pour acheter
une belle maison plus tard et qui veulent s’en sortir dans la vie.
C’est assez éclectique, y’a des titres assez marrants, un titre zouk
qui est une petite dédicasse à mon chéri et qui parle de notre histoire
d’amour… Voilà en gros
Tu vas aussi bosser avec Jango Jack….comment s’est passée la rencontre ?
C’est un artiste auquel on a pensé parce que je pense qu’il connaît
bien ce milieu et qu’il peut mieux développer mes capacités. Je
l’apprécie mais c’est vrai que mon producteur le connaissait donc on a
eu la possibilité de faire cette connexion. Y’a un autre réalisateur
qui est le frère d’Assia et que je connaissais déjà avant…et avec qui
j’avais déjà travaillé pas mal de titres. Je bosse aussi avec un autre
jeune réalisateur qui a beaucoup de talent et qui a réalisé le titre «
Je rêve ».
(Son attachée de presse rajoute également qu’il y aura peut être un
featuring avec un autre artiste qui chante et qu’on entend pas mal en
radio ces temps-ci…)
D’où t’es venue cette idée d’allier tous ces genres musicaux ?
Je suis assez ouverte et dans ma musique j’expérimente un peu tout ce
que j’entends, tout ce qui est passé dans mes oreilles depuis que je
suis petite. Ce qu’on entend dans « Je rêve », ce sont des influences
qui viennent de mes parents. Y’a aussi du zouk parce que quand je vais
en boîte aujourd’hui, on entend du zouk et donc ça m’a influencé. C’est
pas parce que je suis dans le hip hop qu’il faut que je m’arrête tout
simplement au hip hop…la musique c’est le partage, l’échange et faut
s’ouvrir. Je fais ça tout en gardant l’authenticité de mon rap.
Ok, bon c’est l’heure du portrait chinois !
Si tu étais un pays ?
Ha mais j’en ai deux, c’est vraiment dur ce que tu me demandes..bon je choisis le Sénégal et je m’excuse pour le Mali (rires)
Si tu étais un plat ?
Le tcheb djeun
Si tu étais un album ?
Mc Solaar – Prose Combat
Si tu étais un film ?
Saw (l’attachée de presse et moi « Hooo », on est choqué !)
Un dernier mot pour la fin Saly ?
J’invite tout le monde à aller sur mon site www.salymusic.com et à
laisser leurs impressions en me disant les choses honnêtement. On va
remettre des news sur le site aussi pour vous dire ce que je fais… Un
petit bisou à tout le monde, et merci à toi Vanessa.